Plus connue pour ses champs de bataille, Verdun possède pourtant un patrimoine architectural inestimable dont le palais épiscopal est un magnifique témoignage.


Dans ses mémoires, Saint-Simon le considère comme “le plus vaste et le plus splendide palais épiscopal qu’il y ait en France”.
C’est Charles François d’Hallencourt, évêque de Verdun, surnommé le « maçon mitré » par les chroniqueurs de l’époque, qui fait appel en 1724 à Robert de Cotte, premier architecte de Louis XV, reconnu comme l’un des créateurs du style rocaille.

Ce palais s’élève à proximité de la cathédrale et du cloître, sur une véritable acropole religieuse qui domine la ville basse. Il est construit sur l’emplacement de l’ancien palais épiscopal de Nicolas Psaume (XVIème siècle).

Cette demeure, plus conforme au goût du jour, doit surtout symboliser avec force le pouvoir d’un grand prélat, évêque et comte de Verdun, prince du Saint Empire. Les travaux se prolongent jusqu’à la Révolution Française.

Après la Révolution, ce palais connaît des destinations diverses. En 1801, Verdun fait les frais du Concordat qui réduit le nombre de diocèses. Jusqu’en 1823, l’évêché de Verdun est rattaché à celui de Nancy-Toul.
À cette date, l’évêque reprend possession du lieu. En 1906, à l’occasion de la loi de séparation de l’Église et de l’État, il est expulsé du palais qui reste inoccupé jusqu’en 1910.

La Grande Guerre y occasionne des dégâts matériels importants. Classé monument historique en 1920, il fait l’objet d’une grande restauration qui débute à l’hiver 1926-1927 pour se terminer en 1935.

À cette date, et pour la première fois depuis prés de 30 ans, un évêque réintègre le palais épiscopal, grâce à un bail de location trés favorable
Monseigneur Ginisty se voit ainsi récompensé pour ses oeuvres en faveur des soldats de la Première Guerre Mondiale (Ossuaire de Douaumont), et permet de redonner à la prestigieuse demeure épiscopale sa fonction d’origine. Ses successeurs l’occupent sans interruption jusqu’en 1993, date à laquelle Monseigneur Herriot accepte de rejoindre l’Hôtel d’Anglemont, situé face à la cathédrale, pour permettre l’installation du Centre Mondial de la Paix.



Verdun occupe une place d’exception dans la mémoire nationale qui s’est cristallisée en ce lieu historique à l’occasion de la Bataille de 1916. C’est depuis cette date que Verdun est devenue un haut lieu de mémoire de la France et même de l’Europe.

En 1916, une des batailles les plus meurtrières (300 000 morts et 400 000 blessés) fait de Verdun le symbole de la Grande Guerre et de la souffrance des soldats.

En 1936, 20 000 anciens combattants français et allemands esquissent la grande réconciliation en prêtant un serment à l’endroit même de la bataille.

En 1966, lors du 50ème anniversaire de la bataille de Verdun, le Livre de la Paix est inauguré à l’hôtel de ville et signé par le Général De Gaulle. Verdun s’autoproclame “Capitale de la Paix”.

Le 22 septembre 1984, le président Mitterrand et le chancelier Kohl viennent se recueillir, main dans la main, devant l’Ossuaire de Douaumont en silence. Ce geste hautement symbolique marque non seulement la réconciliation mais aussi l’amitié retrouvée des deux peuples.

C’est ainsi que tout naturellement l’Association du Centre Mondial de la Paix, des Libertés et des Droits de l’Homme fut créée en 1990 à Verdun.

L’ancien palais épiscopal , après des travaux de réhabilitation, abrite depuis 1994 le Centre Mondial de la Paix.